La Côte d’Azur a donné le coup d’envoi de la saison de triathlon longue distance avec le traditionnel et très sélectif Cannes International Triathlon. Sous un soleil printanier trompeur, la Croisette s’est transformée en un véritable révélateur d’état de forme pour la reprise. Face à un plateau international ultra-relevé dominé par la victoire finale d’Arthur Serrières en 4h09:08, le Team Argon 18 France alignait trois de ses solides guerriers : Antoine Mortamet, Aurélien Régalin et Stéphane Bernard. Entre vagues tumultueuses, relances explosives dans l’arrière-pays et festival podologique sur la course à pied, le retour aux affaires fut intense, technique et résolument formateur.
La “machine à laver” azuréenne et les premiers enseignements
Le départ groupé dès 8h00 a d’emblée plongé les athlètes dans le vif du sujet. À Cannes, la natation n’a rien d’une formalité. Dans une mer agitée, le combat a fait rage dès les premières bouées. Équipés de leurs combinaisons HUUB, les Argonautes ont dû jouer des coudes pour se frayer un chemin. Antoine Mortamet a sorti une natation solide en 32:37, limitant idéalement la casse à la 35ème place. Pour Aurélien Régalin, dont c’était la toute première apparition officielle sous nos couleurs historiques rouge et noir, le chrono affiche 33:57.
Pour Stéphane Bernard, l’expérience n’a pas tout à fait suffi à éviter les pièges de cette entame hostile. Le doyen de la bande, protégé par la flottabilité de sa HUUB Varman, a vécu des moments compliqués dans la mêlée, concédant un temps de 38:53. Stéphane raconte sans fard ce premier chantier :
« Grosse bagarre du début à la fin… ça tape, ça frotte, et je laisse pas mal d’énergie dans l’histoire, même une petite crise d’angoisse tellement ça tapait fort. Trop vieux pour ça… mais non ! »
Un arrière-pays technique et exigeant pour nos montures
Une fois extirpés de la mer et après une transition rapide, les trois hommes ont enfourché leurs montures pour attaquer le gros morceau du jour : un parcours cycliste montagneux, sinueux et par endroits extrêmement piégeux. C’est sur ce terrain que la rigidité et la précision de pilotage du fleuron canadien Argon 18 font la différence. Les athlètes ont pu compter sur la technicité de leurs lunettes Cébé pour négocier sereinement les transitions brutales d’ombre et de lumière dans les cols de l’arrière-pays grassois.
Sur son vélo, Aurélien Régalin a rapidement trouvé son rythme en développant une puissance impressionnante de 305 watts normalisés (NP) sur 2h40 de selle, lui permettant de remonter à la 28ème place à la pose du vélo. Toutefois, l’athlète a commis l’erreur classique de début de saison : une alimentation largement insuffisante avec seulement 50 grammes de glucides ingérés par heure, bien loin des 80 grammes initialement ciblés.
Stéphane Bernard, quant à lui, a avoué un départ un peu trop enthousiaste avec les vingt premiers kilomètres parcourus bien au-dessus des watts prescrits par sa cellule d’entraînement Performance & Coaching, avant de reprendre sagement le contrôle de sa machine pour boucler le parcours en 3h03:59. Antoine Mortamet, lucide sur sa préparation hivernale encore en rodage, concède un temps de 2h47:07 à vélo :
« Le vélo était à la hauteur de l’hiver… pas terrible. Il reste maintenant à rouler sérieusement. »
Le marathon de vérité sur la Croisette
Le juge de paix de ce triathlon de Cannes reste sans conteste la course à pied, plate mais usante pour les organismes déjà éprouvés par le dénivelé. C’est ici que les choix de matériel effectués auprès de notre partenaire Azur Tri and Run prennent tout leur sens. Équipés de manchons de compression Compressport R2V2 pour retarder la fatigue musculaire, nos athlètes ont jeté leurs dernières forces dans la bataille.
Antoine Mortamet a tout simplement survolé ce dernier secteur. Courant à une allure vertigineuse de 3’30 au kilomètre, Antoine a signé le 4ème temps pédestre absolu du jour en 1h11:51. Une remontée héroïque qui lui permet de s’offrir une superbe 19ème place au scratch général :
« La course à pied a été très satisfaisante avec ce 4ème temps du jour. Un beau week-end avec le team bien représenté ici. »
Stéphane Bernard a lui aussi fait parler sa science de la course à pied en signant un semi-marathon extrêmement propre, régulier et maîtrisé en 1h22:24, démontrant que la caisse physique est bel et bien présente. Quant à Aurélien Régalin, il a payé cash son erreur nutritionnelle de la partie cycliste. En panne d’énergie à cause du manque de glucides Neversecond indispensables sur ce format, il a dû s’employer mentalement pour boucler son semi-marathon au courage en 1h23:16 :
« Je ne suis pas dans l’allure cible, je paye la mauvaise gestion de l’alimentation durant le vélo. C’est une course de reprise mitigée et loin d’être aboutie. Back to work avec le boss ! »
Bilan et Résultats
Le Team Argon 18 France repart de Cannes avec de précieux enseignements physiques, tactiques et nutritionnels sous le coude. Les bases de travail pour les prochaines échéances majeures de la saison, notamment le Frenchman sur format L, sont désormais solidement posées sous la houlette de Pierre Cochat.
Antoine Mortamet : 4h35:26 – 19ème scratch – 9ème de sa catégorie S1M. Une superbe remontée grâce à un temps de course à pied exceptionnel de 1h11:51 (4ème temps du jour) après une natation en 32:37 et un vélo de 2h47:07.
Aurélien Régalin : 4h45:58 – 30ème scratch – 2ème de sa catégorie S4M (Podium AG, médaille d’argent chez les plus de 35 ans). Première course appliquée malgré une défaillance nutritionnelle à vélo (2h44:16 pour 305W NP) et un semi-marathon au mental en 1h23:16.
Stéphane Bernard : 5h08:54 – 77ème scratch (73ème masculin) – 6ème de sa catégorie M3M (50-54 ans). Une course de caractère malgré une natation houleuse (38:53) et un départ vélo rapide (3h03:59), conclue par une formidable démonstration à pied en 1h22:24.
Le travail se poursuit avec l’exigence qui caractérise nos Argonautes. L’apprentissage de ce premier dossard va permettre de régler les derniers détails pour briller tout au long de l’été.
Bises, à très vite sur les réseaux !









